ART ET BODY

Je me suis aperçu qu’il y avait très peu de romans qui parlaient de culturisme où qui mettaient en scène des personnages culturistes. Idem pour le cinéma ou la télévision.
Si les bodybuilders apparaissent ça et là, c’est le plus souvent à leur défaveur.
Ils représentent la force virile et brute et sont rarement montré comme des êtres humains normaux, des gens de tous les jours.
Je me suis donc amusé à repertorier les romans et les films où les culturistes sont présents.
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et se devra d’être réactualisée régulièrement.
Vous pouvez m’apporter des infos sur le sujet par le biais de mon adresse internet.

BODY
Roman de HARRY CREWS paru aux éditions FOLIO
Le chef d’œuvre absolu en la matière. C’est un roman policier qui se déroule pendant une compétition aux Etats Unis. L’héroïne combat une adversaire de taille pour le titre supreme, elle n’avait pas prévu hélas que sa famille ferait le déplacement pour la soutenir lors de la compétition, et quelle famille ! Tout ce joyeux petit monde va savemment mettre à mal le bon déroulement des choses. C’est drôle, émouvant et les adeptes du body n’ont jamais été montré sous un jour aussi positif . A mon sens si il n’y a qu’un seul livre à lire sur le sujet, c’est bien celui-là .

VIVRE ME TUE
Roman ? Récit autobiographique ? de PAUL SMAIL aux éditions J’AI LU
Je ne rentrerais pas dans le petit débat qui a agité un temps le microcosme parisien du monde du livre, qui est Paul Smaïl ? Roman ou récit autobiographique ? On s’en fout. Reste la qualité de l’écriture et la teneur des propos. Ce livre parle avant tout de la difficulté d’être, être beur en France, être bon à l’école et méprisé par les deux communautés, méprisé par les beurs pour avoir le mauvais goût de réussir là où les autres échouent, être méprisé par les français de souche pour oser être un arabe qui réussit. Il faut se battre et chacun trouve les armes qui lui convienne. Il s’agit ici de survie en milieu hostile.
Paul choisit la boxe pour donner des coups plutôt que d’en recevoir, Daniel, son frêre cadet, lui, choisit de soulever de la fonte pour en imposer aux autres et qu’on lui foute la paix.
Las, le personnage de Daniel se retrouvera prisonnier de ce corps de surhomme et commencera pour lui la descente aux enfers qui l’ amenera à faire des exhibitions dans des peep shows de Pigalle et contaminé par le virus du SIDA à mourir dans un hopital en Allemagne. Le bodybuilder est là carrément puni d’avoir voulu jouer la carte de la survirilité, d’être cette grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf ; ça va très loin puisqu’il en meurt.
Vision pas très très joyeuse de l’envie de se forger un corps d’airain contrebalancée par la fragilité du personnage qui parvient à nous toucher même si globalement le trait est forcé et que la sempiternelle idée du body comme compensation d’un manque est sous jacente.
Au passage, cette idée que le culturiste a besoin d’aider la nature pour se reconstruire, insatisfait de ce qui lui a été donné au départ hante littéralement la plupart des bouquins que j’ai pu lire sur le sujet.
A noter qu’il fut un temps question que ce livre devienne un téléfilm avec Sami Nacery dans le rôle principal et qu’une recherche a été faite dans la presse spécialisée pour trouver le culturo qui jouerait le frangin. Je m’étais empressé d’appeler la production pour leur suggérer un garçon, vendeur de fringues, que j’avais aperçu dans une boutique de vêtements juste à gauche de la FNAC Forum. Je ne sais pas ce qu’il est advenu du projet.

LAISSE TES MAINS SUR MES HANCHES
Film de CHANTAL LAUBY actuellement en salles
Séquence inénarrable dans une salle de sports où on voit Véronique du fameux duo fitness Véronique et Davina torturer littéralement Hélene Duc de la Comédie française en rombière bourgeoise qui veut garder la forme sur un stair master pendant que l’ami des têtes couronnées Stéphane Bern lâche
un gros prout en soulevant une barre. C’est rien que du bonheur comme dirait Benjamin Castaldi. Surtout pour moi qui ai eu droit à un larguage de vent en rêgle par un pompier qui faisait ses abdos dans la salle où il m’arrive de servir sous la houlette du plus fumiste des entraineurs de France. Je suis parvenu à trouver une salle où le responsable plateau déteste cordialement la musculation, faut le faire !
Ceci étant, à propos de ce film, on est dans la gaudriole pure mais c’est tellement sympa qu’on n’en veut pas à Chantal Lauby d’autant que son film est très réussi, charmant, délicieux, romantique à souhait.

HANNIBAL
Roman de THOMAS HARRIS paru chez Presse Pocket
Troisième volet des aventures du sérial killer fin gourmet Hannibal Lecter.
On y retrouve ce bon docteur qui cette fois à maille à partir avec Mason Verger, la seule de ses victimes à avoir survécu. Défiguré et grabataire mais immensément riche, le sieur Verger est bien décidé à avoir la peau du cannibale le plus séduisant et charismatique de l’histoire du roman policier américain.
Il se trouve que ce drôle de zouave, tout aussi déjanté et pervers que son bourreau, dans ce roman a une sœur, Margot, personnage qui pour l’annecdote disparaît mystérieusement de l’adaptation cinématographique. Or Margot est culturiste, lesbienne et stéroïdée à mort, elle ferait passer Arnold pour Stéphane Bern. Car bien sûr les femmes qui pratiquent le body et veulent ressembler à des hommes ne peuvent qu’être homosexuelles dans la littérature.
Heureusement elle est plutôt sympathique et c’est elle qui finira par tirer son épingle du jeu en mettant fin aux jours de son frêre, se débarassant d’un monstre et touchant le pactole en même temps.
Là, on n’est plus dans la gaudriole mais dans le polar néo gothique et ça ne rigole pas, la tripe y est mise à l’air, les humains dévorés par des cochons. La femme culturiste, la victime plus acharnée et teigneuse que le psychopathe lui même et l’héroïne Clarice starling, couverte d’honneurs à la fin du silence des agneaux, en passe d’être limogée de son poste. Ouf !

LEOLO
Film de Jean Paul Lauzon disponible en DVD uniquement par le biais de sites internet québécois

Ce film est un petit bijou doublé d’un OVNI, réalisé par jean Paul Lauzon dont c’était la deuxième réalisation et la dernière puisqu’il se suicidera quelques temps après. Léolo est le nom d’un petit garçon qui vit à Québec dans un quartier populaire, chronique intimiste d’une famille ouvrière, ce film traite des rêves des enfants, de leur monde et de celui particulier sur lequel la menace de la folie plane, une de ses ssœurs ayant déjà été internée.
Leolo a un frêre, ce frêre dans son enfance se fait tabasser. Dès lors il se met à soulever de la fonte pour là aussi devenir un homme puissant physiquement que personne ne viendra plus embeter. Quelques années plus tard devenu un culturiste au physique imposant, il retombera sur le même gars qui l’avait rossé au préalable et qui lui mettra à nouveau la pâtée, scène hyper touchante où Léolo vient consoler ce grand frêre au corps d’homme et au cœur d’enfant pleurant à chaudes larmes pour ne pas avoir su à nouveau se défendre. La chose est si belle qu’on pardonne volontiers au réalisateur d’avoir lui aussi montré un adepte de la fonte qui s’érige un corps d’acier comme moyen de défense contre le monde.
A quand le film qui montrera un homme soulevant de la fonte par plaisir et sans chercher à réparer un traumatisme de l’enfance ?