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MICKAEL LOUVEL

 

 

MICKAEL a un plus !
Ou plus exactement MICKAEL a un moins qu’il a su transformer en plus.
Il lui manque un bras !


Vous me direz, ce n’est pas très grave, ça arrive, oui mais MICKAEL en l’occurrence a choisi le dur milieu de la compétition culturiste avec son moins qu’il a su transformer en plus . Et ça … ce n’est pas rien, ce mec en a !
D’ailleurs il a tant et tant bossé, tant et tant soulevé que désormais ce n’est plus
ce bras ou cette absence de bras qu’on remarque, c’est tout le reste, le volume, les pecs, les tablettes de chocolat et ça c’est très fort.

 

 

J’ai rencontré MICKAEL en 1999 sur une compétition, la finale France IFBB à Arles qui vit entre autre le triomphe d’ALEXANDRE BOGAERT, nous avons partagé un chalet ensemble, sympathisé et beaucoup parlé.
Nous nous sommes re croisés de loin en loin par la suite.
Je viens de le retrouver au salon bodyfit en 2004.
Que de chemin parcouru en moins de cinq ans !
Le premier truc que j’ai remarqué au salon où il accompagnait THIERRY BIDAULT et JULIEN BENSAÏD c’est la grosseur de ses cuisses, celle de ses biceps et sa sangle abdominale qu’il m’a montré avec la simplicité qui le caractérise.
MICKAEL est tout sauf exhibitionniste, il m’a raconté à Arles qu’alors que cela ne le dérangeait aucunement d’apparaître en maillot de bain sur une scène de compétition, il portait toujours un tee shirt quand il allait à la plage tellement il redoutait le regard peu bienveillant du quidam moyen sur son bras ou plus exactement sur son absence de bras.
Se montrer face à un public venu pour ça, a priori plutôt enclin à vous applaudir lors d’une compétition culturiste est une chose, se montrer dans un lieu public, imposer cette différence aux autres lorsqu’ils ne sont pas préparés en est une autre.
En tout cas, à quelques semaines de la finale France IFBB, MICKAEL voulait m’exhiber le fruit de son dur labeur, les progrès qu’il avait fait.
Et progrès il y a, c’est indéniable, on comprend à le voir pourquoi désormais il se retrouve quasi systématiquement premier.
Les photos que j’ai fait et que je joins sont là pour l’attester.
J’étais sûr qu’il allait y triompher à cette finale et … il a effectivement raflé la mise.

 

Avec Pascal

 


Mais revenons sur ce parcours peu ordinaire, MICKAEL depuis un funeste jour de l’automne 1997 a perdu son bras droit et concoure depuis dans la catégorie handisport.
Pas question de faire dans le misérabilisme, MICKAEL n’inspire nulle pitié, nulle envie d’être plaint.
On l’admire pour ses qualités, son parcours et sa musculature très travaillée.
Qu’il en bave plus que d’autres à l’entraînement ne rentre pas tant que ça en ligne de compte, seul importe le résultat et résultat il y a.
Ce dont je suis sûr c’est qu’avec son physique de champion affûté, il va rafler désormais les premières places et ce ne sera que justice.

Retour en arrière, flash back, MICKAEL a toujours été sportif, a toujours eu un moral d’acier, c’est un battant, un vrai !
C’est d’ailleurs ce qui lui a permis de toujours rebondir, de retomber immanquablement sur ses pattes.
Il commence par la boxe puis se met à la muscu à 18 ans en 1993.
Deux ans plus tard en 1995, coaché par PATRICK DUTAIN il se présente au grand prix d’Orléans, compétition WABBA où il termine deuxième en junior moins de 75 kilos.
Un an plus tard en 1996 il participe à l’Open de Normandie WPF toujours en junior et se retrouve cette fois premier.
En deux ans les plus hautes marches du podium !
Il faut dire que Mickael a toujours bénéficier d’un excellent potentiel physique, c’est ce qui lui permettra entre autre de traverser les épreuves qu’il a traversées.

A Colmar en 2004  

 

En 1997, c’est l’accident, sa voiture quitte la route en glissant sur un lit de feuilles humides, c’est le début d’un sacré calvaire, l’hôpital pendant des mois, une greffe ratée qui lui laisse une cicatrice à la jambe.
La rééducation, l’appareillage.
Dans un laps de temps très court, il perd son bras, son boulot et sa petite amie.
Qui dit mieux !
J’en connais plus d’un à commencer par moi qui aurait mis du temps à s’en remettre voire qui ne s’en serait pas remis du tout.
Mais MICKAEL est plutôt de la race des survivors c’est d’ailleurs pour ça que je lui porte un tel intérêt ; il surmonte les obstacles avec une facilité et une rapidité étonnantes

Du fond de son lit d’hôpital, il s’accroche, est entouré de gens qui vont l’aider efficacement à commencer par sa famille.
Sa mère va tout faire pour qu’il retrouve un job fort de son nouveau statut de travailleur handicapé, elle n’hésitera pas à faire le forcing de la porte du maire de la ville où il habite pour solliciter son aide et ça marche.
Sous la férule bienveillante de THIERRY BIDAULT, il reprend le chemin de la salle et l’entraînement avec des exercices adaptés essentiellement à la poulie.
Par ailleurs sans l’aide de sa mère ni de Monsieur BIDAULT cette fois, il se retrouve une copine avec qui il ne tarde pas à s’installer et avec laquelle il conçoit un petit JONAS.

La compétition culturiste est une drogue dure, pour y avoir goûté en junior MICKAEL y a pris goût et décide de continuer en handisport ce qu’il avait si bien commencé.
Il appelle toutes les fédés dont certaines se montrent pour le moins frileuses quand à la participation d’athlètes handicapés à leurs grand messes du muscle.
J’ai déjà fait un petit laïus sur le sujet et donc je m’en voudrais de vous le réimposer mais je trouve cette frilosité de mauvais aloi.

Ceci étant, c’est finalement l’IFBB qui réserve à MICKAEL le meilleur accueil.
En 48 heures il reçoit à son domicile le formulaire d’adhésion et le règlement et c’est parti pour une fructueuse collaboration qui n’est pas terminée, loin de là !
Il enchaînera donc pour la seule année 1999 trois compétitions AFCPF/IFBB
Le grand prix de Luzarches où il se classe deuxième derrière XAVIER LEFAIVRE
La coupe de Paris à Linas où il se classe troisième derrière PHILIPPE TACHON et enfin surtout la finale France à Arles où là aussi il se classe troisième, le jour où donc je l’ai rencontré.

En 2000, il retrouve Luzarches et son grand prix, les quarts de finale où il fait troisième puis c’est la demi finale à Viry Chatillon où là il se hisse à la première place, enfin !
Et la finale France à Toulouse où là il est quatrième.
Ayant goûté à cette très convoitée première place, MICKAEL réitère l’exploit en 2002
Toujours en IFBB où lors de la finale France à Cluzes en Savoie il arrive premier.
En 2003 notre héros se repose laissant batman et superman gérer les problèmes du monde.
Et enfin, en 2004, à nouveau la finale France IFBB et à nouveau la première place du podium.
Il est question qu’il parte s’installer dans le sud de la France avec sa nouvelle compagne, CORALIE, rêve de compétitions en Italie où comme me l’avait confirmé STEPHANE HOJDAR les athlètes sont mieux perçus qu’en France et pense même aux USA où la catégorie handisport est beaucoup mieux considérée.


Quatre fois premier lors de compétitions, c’est un palmares dont peu peuvent se targuer.
Et cette gloire-là, MICKAEL la vit avec une modestie, une simplicité peu communes.
Longue vie donc à nos handisports et à ce MICKAEL LOUVEL si digne de notre intérêt.

 

Ici avec Julien Bensaid ( deux champion de France IFBB l'un en - 85 kg l'autre en handisport belle leçon de sport


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